En sauvant les autres

2026/04/22

Oyasama dit :

« En sauvant les autres, tu te sauves toi-même. »

N’avez-vous jamais connu des nuits où, quoi que l’on fasse, le sommeil ne vient pas ? Des nuits où, plus on essaie de s’endormir, plus cela semble impossible, et où, plus l’on s’inquiète, plus on reste éveillé ?À l’inverse, ne vous-est il jamais arrivé de vous endormir presque sans vous en apercevoir, dès l’instant où vous avez cessé de penser : « Il faut absolument que je dorme » ?

De la même manière, plus on se débat en se disant : « Il faut absolument que je m’en sorte ! », plus la souffrance a tendance à s’aggraver. L’esprit reste absorbé par soi-même, et l’on se laisse peu à peu envahir par l’inquiétude. C’est pourquoi, même si l’on essaie de se changer les idées en mangeant quelque chose de bon, en regardant un film ou en allant aux sources thermales, ce soulagement ne dure qu’un instant, avant que tout ne redevienne comme avant. Quand on a le cœur lourd n’est-ce pas, bien souvent, parce que l’on ne pense qu’à soi-même ?

À ce moment-là, notre regard se pose soudain sur quelqu’un souffle. « Ah… cette personne aussi doit traverser une épreuve. J’aimerais tellement pouvoir faire quelque chose pour elle… » En mettant un instant de côté ce qui nous concerne personnellement, nous commençons à agir pour cette personne. Et alors, que se passe-t-il ? Le cœur, qui jusque-là était abattu, se redresse peu à peu et retrouve son élan. Oui, lorsqu’on se sent oppressé au fond de soi, le meilleur remède est peut-être de se mettre au service des autres. C’est là un remède d’une force étonnante, plus puissant encore que bien des antidépresseurs.

Dès que les êtres humains vivent ensemble, il est inévitable que surgissent des tensions et de frottements. Les sentiments se heurtent, les paroles peuvent s’envenimer, et l’on en vient parfois à se blesser les uns les autres…

Et pourtant, sans relation avec autrui, il ne peut y avoir de Vie de Joie.

Et pourtant encore, ce qui redonne de la force à l’être humain, c’est l’être humain lui-même. Partager les plaisirs et les joies, mais aussi les peines et les tristesses, chercher à se comprendre, se soutenir, rire ensemble, et parfois même se stimuler les uns les autres : c’est à travers de tels échanges que le cœur comme le corps retrouve leur vitalité.

Quand, pour quelqu’un, on puise jusqu’au fond de soi pour lui offrir toute sa sincérité, le sourire qui nous revient en retour balaie en un instant toutes les peines. Alors, du fond du cœur, on se dit qu’il valait vraiment la peine de vivre.

C’est lorsque l’on se donne tout entier pour faire plaisir à quelqu’un que l’être humain rayonne le plus. C’est là une source de jeunesse et de beauté bien plus profonde que toutes les dépenses faites pour des produits de luxe, des cosmétiques ou des soins esthétiques. Pouvoir être utile à quelqu’un est sans doute l’un des plus grands bonheurs que l’on puisse trouver dans la vie.

Si l’on ne fait que recevoir des autres, on ne trouve pas le vrai bonheur. Un roi entouré d’une multitude de serviteurs a sans doute, lui aussi, bien des soucis et bien des tourments.

Pour être heureux, nul besoin de théorie compliquée ni de philosophie difficile. Si l’on cherche à rendre les autres heureux, le bonheur vient aussi naturellement en soi. Oyagami a créé l’être humain de telle manière.